Offre et pédagogie
Formations obligatoires

Les formations obligatoires en entreprise, un marché récurrent pour votre organisme

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En résumé : une formation est juridiquement « obligatoire » lorsqu'elle conditionne l'exercice d'une activité ou d'une fonction en application d'un texte légal ou réglementaire. Elle se déroule alors sur le temps de travail, rémunération maintenue. Pour un organisme de formation, c'est le segment le plus prévisible du marché : le budget n'est pas arbitrable, les recyclages sont datés, et l'entreprise doit pouvoir en apporter la preuve. Attention toutefois : le cadre a bougé début 2026. L'entretien professionnel est devenu l'entretien de parcours professionnel, sa périodicité passe de 2 à 4 ans, et la période de reconversion a remplacé Pro-A. Beaucoup de contenus en ligne, y compris chez vos concurrents, sont désormais faux sur ces points.

Ce que « formation obligatoire » veut dire juridiquement

La nuance paraît théorique. Elle est en réalité votre meilleur argument commercial, parce qu'elle détermine qui paie et si le client peut reporter la dépense.

La définition qui fait la différence

L'article L. 6321-2 du code du travail est très précis : toute action de formation qui conditionne l'exercice d'une activité ou d'une fonction, en application d'une convention internationale ou de dispositions légales et réglementaires, constitue un temps de travail effectif et donne lieu au maintien de la rémunération par l'entreprise pendant sa réalisation.

Trois conséquences en découlent, et elles valent d'être dites telles quelles à un prospect :

  • la formation ne peut pas être renvoyée en dehors des heures de travail ;
  • le salarié continue d'être payé pendant qu'il se forme, ce qui ajoute un coût salarial au coût pédagogique ;
  • l'employeur ne peut pas exiger que le salarié mobilise son compte personnel de formation pour la financer.

Autrement dit, votre client n'a pas le choix du « quand », ni du « qui paie ». C'est ce qui distingue radicalement ce segment du reste du plan de développement des compétences, où la formation reste un arbitrage budgétaire parmi d'autres.

Le socle : l'obligation générale de l'employeur

Deux obligations se superposent. D'abord, l'employeur doit assurer l'adaptation des salariés à leur poste de travail et veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi, notamment face aux évolutions technologiques (article L. 6321-1). Ensuite, au titre de son obligation de sécurité (article L. 4121-1), il doit mener des actions d'information et de formation adaptées aux risques professionnels.

Cette seconde obligation vise des publics identifiés, et c'est une grille de prospection utile :

  • les salariés nouvellement embauchés ;
  • ceux qui changent de poste ou de technique ;
  • ceux qui reprennent leur activité après un arrêt d'au moins 21 jours, à la demande du médecin du travail ;
  • les travailleurs temporaires et les salariés en CDD, sauf travaux urgents confiés à des personnels déjà formés ;
  • les salariés d'entreprises extérieures, notamment lors d'interventions dans des installations classées.

Ces actions doivent figurer dans le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP). Dans les entreprises de 50 salariés et plus, un programme annuel de prévention (PAPRIPACT) s'y ajoute. Retenez ce point : le DUERP de votre prospect est la meilleure porte d'entrée commerciale qui soit, puisqu'il liste noir sur blanc les risques auxquels l'entreprise doit répondre par de la formation.

Les formations obligatoires les plus demandées

Voici les principaux dispositifs, avec la référence qui les fonde et la logique de récurrence qui les accompagne. C'est cette dernière colonne qui construit votre chiffre d'affaires.

FormationQui est concernéRéférence et récurrence
Formation à la sécuritéNouvel embauché, changement de poste, retour après arrêt, intérimaires et CDDL. 4121-1 et suivants. À chaque mouvement de personnel, donc en flux continu
Sauveteur secouriste du travail (SST)Un membre du personnel par atelier où sont accomplis des travaux dangereux, et par chantier d'au moins 20 travailleurs pendant plus de 15 jours réalisant des travaux dangereuxR. 4224-15. Recyclage périodique par maintien et actualisation des compétences
Exercices d'évacuation et consigne incendieTous les travailleurs de l'établissement concernéR. 4227-39. Au moins tous les 6 mois, dates consignées sur un registre tenu à disposition de l'inspection du travail
Habilitation électriqueTout travailleur intervenant sur des installations électriques ou à leur voisinageR. 4544-9 et R. 4544-10. Renouvellement lié aux évolutions de poste et d'installation
Autorisation de conduite (CACES)Conducteurs d'équipements de travail mobiles ou de levageR. 4323-55 et suivants. Renouvellement selon la recommandation applicable
Formation santé, sécurité et conditions de travail des élusMembres du CSEL. 2315-18. 5 jours au premier mandat ; en cas de renouvellement, 3 jours, et 5 jours pour les membres de la CSSCT dans les entreprises d'au moins 300 salariés

Le piège de l'habilitation électrique

Une confusion revient sans cesse chez les clients, et savoir la lever vous positionne immédiatement comme un interlocuteur sérieux : l'organisme de formation forme, l'employeur habilite.

Votre rôle s'arrête à dispenser l'enseignement théorique et pratique, à évaluer le stagiaire, puis à délivrer une attestation de formation assortie d'un avis d'aptitude. C'est ensuite l'employeur qui, au vu de cet avis, de l'aptitude médicale et de son analyse des risques du poste, établit et signe le titre d'habilitation. Il lui revient également de le maintenir, de le renouveler et, le cas échéant, de le retirer.

Dites-le clairement dans vos conventions et vos attestations. Un client qui croit que votre attestation vaut habilitation est un client exposé, et un litige potentiel pour vous.

La preuve, votre valeur ajoutée réelle

Sur ce segment, l'entreprise n'achète pas seulement une prestation pédagogique : elle achète de quoi démontrer qu'elle a rempli son obligation. En cas d'accident, c'est la traçabilité qui est examinée. Registre des exercices d'évacuation, attestations nominatives, feuilles d'émargement, programmes détaillés, dates de recyclage : l'organisme qui livre ce dossier proprement se rend difficile à remplacer.

À cela s'ajoute une obligation déclarative encore mal maîtrisée par les employeurs, celle du passeport de prévention, qui centralise les attestations liées à la santé et à la sécurité au travail. Savoir accompagner vos clients sur ce point est un différenciateur immédiat.

Ce qui a changé en 2026 et que vos clients ignorent encore

C'est la partie la plus utile de cet article, et probablement celle qui vous fera gagner des rendez-vous. Deux réformes ont modifié le paysage au tournant de 2026, et l'essentiel des contenus en ligne n'a pas été mis à jour.

L'entretien professionnel devient l'entretien de parcours professionnel

La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, à son article 99, a réécrit l'article L. 6315-1 du code du travail. Les changements sont substantiels :

  • le dispositif change de nom et devient l'entretien de parcours professionnel ;
  • la périodicité passe de deux ans à tous les quatre ans ;
  • le salarié est informé dès son embauche qu'il en bénéficiera au cours de la première année suivant celle-ci ;
  • l'état des lieux récapitulatif, jusqu'ici à six ans, se fait désormais tous les huit ans. Lorsqu'il s'agit du premier après l'embauche, il peut être réalisé sept ans après l'entretien initial ;
  • un accord d'entreprise ou de branche peut prévoir une autre périodicité, sans dépasser quatre ans ;
  • l'entretien doit être organisé dans les deux mois suivant la visite médicale de mi-carrière ;
  • lors du premier entretien intervenant dans les deux années précédant le soixantième anniversaire du salarié, les conditions de maintien dans l'emploi et les aménagements de fin de carrière sont abordés.

La sanction demeure : dans les entreprises d'au moins cinquante salariés, si le salarié n'a pas bénéficié des entretiens prévus et d'au moins une formation autre que celles mentionnées à l'article L. 6321-2 au cours de ces huit années, son compte personnel de formation fait l'objet d'un abondement correctif.

Point de calendrier à noter pour vos clients : pour les accords collectifs d'entreprise ou de branche en cours de validité portant sur la périodicité des entretiens, le nouvel article s'applique à compter du 1er octobre 2026. Les entreprises ayant conclu un accord sous l'ancien régime doivent engager une négociation pour le mettre en conformité.

Pourquoi c'est une opportunité : beaucoup d'employeurs pilotent encore leur calendrier sur un rythme de deux ans et un bilan à six ans. Un organisme capable d'expliquer le nouveau rythme, et d'aider à reconstruire le calendrier, entre par la porte du conseil avant de vendre de la formation.

La période de reconversion remplace Pro-A

Depuis le 1er février 2026, la période de reconversion se substitue aux dispositifs « Transitions collectives » et à la reconversion ou promotion par alternance (Pro-A), sauf pour les avenants conclus avant cette date. Ses modalités ont été fixées par le décret n° 2026-39 du 28 janvier 2026.

Ce qu'il faut en retenir côté offre : la durée de formation est de 150 heures minimum et 450 heures maximum, réparties sur douze mois au plus. Le dispositif est financé par les opérateurs de compétences et, le cas échéant, par le compte personnel de formation du salarié sous réserve de son accord. Surtout, une convention de formation est conclue entre l'entreprise et l'organisme de formation : vous êtes partie prenante du montage, pas un simple exécutant.

La reconversion peut s'effectuer en interne, le contrat se poursuivant, ou en externe, le contrat initial étant alors suspendu et un nouveau contrat conclu avec l'entreprise d'accueil. Si vous positionnez des parcours certifiants de 150 à 450 heures, ce dispositif mérite une ligne dans votre catalogue.

Qui finance, et ce que vous devez vérifier

Le financement de ce segment ne passe pas par les mêmes canaux que la formation à l'initiative du salarié. Deux repères suffisent pour cadrer un rendez-vous.

La contribution à la formation professionnelle. Toute entreprise employant des salariés y participe, à hauteur de 0,55 % de la masse salariale en dessous de 11 salariés, et de 1 % à partir de 11 salariés. Une contribution CPF-CDD de 1 % de la masse salariale des titulaires de CDD s'y ajoute le cas échéant. Ces sommes alimentent les fonds mobilisables via l'opérateur de compétences de votre client : savoir quel est mon OPCO est donc la première question à poser en rendez-vous.

Le compte personnel de formation n'est pas la bonne porte. Rappelons-le, un employeur ne peut pas imposer à son salarié de mobiliser son CPF, et les formations obligatoires relèvent de sa propre responsabilité. Le CPF garde tout son sens pour les projets à l'initiative du salarié, mais il s'est resserré en 2026 : participation forfaitaire portée à 150 euros depuis le 2 avril 2026 et plafonds de mobilisation selon la nature de la formation. Si vous voulez y positionner une offre, vérifiez d'abord comment rendre vos formations éligibles au CPF.

Qualiopi : obligatoire ou non ? Tout dépend du financeur. Pour une entreprise qui paie sur ses fonds propres, la certification n'est pas exigée. Dès qu'un financement public ou mutualisé intervient, opérateur de compétences en tête, elle le devient. Comme une large part des formations obligatoires passe par les fonds mutualisés, la question se pose vite : notre article sur l'audit initial pour la certification Qualiopi détaille la démarche, et le référentiel évolue au 1er novembre 2026 avec le décret Qualiopi v10.

Transformer l'obligation en revenu récurrent

Le vrai sujet n'est pas de vendre une session, c'est d'installer un cycle. Quatre leviers concrets.

  1. Vendez le recyclage, pas la formation. Les dispositifs à échéance datée, secourisme, habilitation, conduite d'équipements, appellent une reprogrammation. Un client dont vous tenez l'échéancier revient sans que vous ayez à le reconquérir.
  2. Partez du DUERP, pas de votre catalogue. Demandez le document unique en amont du rendez-vous. Il vous dit exactement quels risques l'entreprise a identifiés, donc quelles formations elle doit financer. La conversation change de nature.
  3. Arbitrez intra et inter en fonction du volume. Les exercices d'évacuation ou la sensibilisation à l'embauche se traitent bien en intra, sur site. Les certifications individuelles se remplissent mieux en inter. Beaucoup d'organismes perdent de la marge en proposant un format unique.
  4. Livrez le dossier de preuve, pas seulement l'attestation. Émargements, programme, dates, attestations nominatives, échéances de recyclage réunies dans un même envoi : c'est peu coûteux pour vous et cela vaut cher pour un employeur qui devra justifier sa conformité.

Tenir le rythme sans y passer vos soirées

Ce segment a une contrainte : il est administratif. Beaucoup de sessions courtes, beaucoup de stagiaires différents, beaucoup d'attestations nominatives, et des échéances à ne pas manquer. C'est exactement ce que Qualiobee automatise : convocations et conventions générées depuis vos sessions, émargements numériques, attestations produites en série, et classement automatique de chaque pièce en preuve qualité, indicateur par indicateur. Vous suivez vos échéances de recyclage au lieu de les redécouvrir, et votre dossier d'audit se construit pendant que vous formez.

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FAQ : les formations obligatoires en entreprise

Qu'est-ce qu'une formation obligatoire au sens du code du travail ?
C'est une action qui conditionne l'exercice d'une activité ou d'une fonction, en application d'une convention internationale ou de dispositions légales et réglementaires (article L. 6321-2). Elle constitue un temps de travail effectif et la rémunération du salarié est maintenue pendant sa durée.

Une formation obligatoire peut-elle se dérouler hors du temps de travail ?
Non. Puisqu'elle constitue un temps de travail effectif, elle se déroule sur le temps de travail et reste rémunérée. C'est une différence majeure avec les formations relevant de l'initiative du salarié.

L'employeur peut-il demander au salarié d'utiliser son CPF ?
Non, un employeur ne peut pas imposer à un salarié de mobiliser son compte personnel de formation, et cela vaut particulièrement pour les formations obligatoires, qui relèvent de son obligation propre.

À quelle fréquence faut-il organiser les exercices d'évacuation ?
Au moins tous les six mois. Les dates et les observations auxquelles ces exercices donnent lieu sont consignées sur un registre tenu à la disposition de l'inspection du travail (article R. 4227-39).

Combien de salariés faut-il former au secourisme ?
Le code du travail impose la présence d'un membre du personnel formé dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux, et sur chaque chantier employant au moins vingt travailleurs pendant plus de quinze jours où de tels travaux sont réalisés (article R. 4224-15). Au delà de ce minimum, le nombre se détermine en fonction de l'évaluation des risques de l'entreprise.

L'organisme de formation délivre-t-il l'habilitation électrique ?
Non. L'organisme forme, évalue et délivre une attestation assortie d'un avis d'aptitude. C'est l'employeur qui établit et signe le titre d'habilitation, au vu de cet avis, de l'aptitude médicale et de son analyse des risques, puis qui le maintient, le renouvelle ou le retire (articles R. 4544-9 et R. 4544-10).

Tous les combien doit avoir lieu l'entretien de parcours professionnel ?
Tous les quatre ans depuis la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, contre deux ans auparavant, avec un premier entretien au cours de la première année suivant l'embauche et un état des lieux récapitulatif tous les huit ans. Un accord collectif peut retenir une périodicité différente, sans excéder quatre ans.

Faut-il être certifié Qualiopi pour dispenser des formations obligatoires ?
Pas si l'entreprise cliente finance sur ses fonds propres. La certification devient nécessaire dès qu'un financement public ou mutualisé intervient, notamment celui d'un opérateur de compétences, ce qui est fréquent sur ce segment.

Sources

Article à jour au 11 août 2026. Les dispositions citées sont celles en vigueur à cette date ; la périodicité des entretiens de parcours professionnel s'applique aux accords collectifs en cours à compter du 1er octobre 2026.

Charles Huet
Co-fondateur de Qualiobee
Publié le
06
October
2026

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