"Le prestataire réalise une veille sur les évolutions des compétences, des métiers et des emplois dans ses secteurs d'intervention et en exploite les enseignements."
Libellé officiel, Guide de lecture RNQ version 9 du 8 janvier 2024
Objectif et niveau attendu
L'auditeur veut voir démontrées deux choses, pas une seule. D'abord, l'existence d'une veille réellement mise en place sur les trois thèmes de l'indicateur : les compétences, les métiers et les emplois de vos secteurs d'intervention. Le référentiel demande le triptyque complet, pas l'un ou l'autre : une veille centrée uniquement sur les besoins de recrutement (les « emplois ») sans dimension « compétences » ni « métiers » est jugée lacunaire.
Ensuite, l'exploitation de cette veille : la preuve que ce que vous observez produit un effet : ou une analyse motivée d'absence d'effet. Le libellé parle d'impact « éventuel » : vous pouvez conclure « pas d'impact à court terme », mais vous devez alors démontrer la démarche d'analyse qui vous a conduit à cette conclusion. Capter des tendances sans jamais les relier à vos prestations ne suffit pas.
Bonne nouvelle pour les nouveaux entrants : à l'audit initial, l'organisme certificateur vérifie surtout la formalisation du dispositif. L'impact effectif sur les prestations est audité plus tard, lors de l'audit de surveillance.
Vos obligations concrètes
Concrètement, pour couvrir l'indicateur 24 Qualiopi, vous devez pouvoir démontrer :
- Un dispositif de veille couvrant les trois thèmes (évolution des compétences, des métiers et des emplois) sur chacun de vos secteurs d'intervention.
- Des sources identifiées et documentées : études prospectives (France Compétences, DARES), enquête Besoins en main-d'œuvre de France Travail, observatoires de branches, revues professionnelles, réseaux et fédérations, salons et conférences.
- La diffusion interne des enseignements de la veille auprès de votre personnel (formateurs, équipe pédagogique).
- La trace des évolutions apportées à vos prestations à la suite de la veille : mise à jour d'un référentiel, ajout ou révision d'un module, actualisation des objectifs ou modalités, création ou retrait d'une offre.
- Le cas échéant, une analyse motivée d'absence d'impact : expliquer pourquoi une tendance observée ne modifie pas (encore) votre catalogue.
L'indicateur est commun à toutes les catégories (OF, CFA, CBC, VAE). Les CFA ont intérêt à s'appuyer aussi sur les bilans d'apprentissage par branche publiés par la DARES.
Les éléments de preuve à préparer
Les preuves attendues suivent une logique en trois temps : capter → diffuser → agir.
Preuves de captation (les sources) :
- Abonnements à des revues professionnelles, veille sectorielle documentée.
- Adhésion à un réseau professionnel : syndicat, fédération, observatoire de branche, forums métiers.
- Participations à des conférences, colloques, salons, avec justificatifs.
- Études institutionnelles suivies : France Compétences, DARES, enquête BMO de France Travail.
Preuves de diffusion :
- Trace de la diffusion des éléments de veille au personnel : comptes rendus de réunions, notes internes, fil d'échange partagé.
Preuves d'exploitation (les plus scrutées) :
- Comptes rendus de COPIL pédagogique mentionnant les items de veille analysés et les arbitrages d'évolution du catalogue.
- Versions successives d'une fiche prestation avec mention de la motivation issue de la veille (« source de l'évolution »).
- Analyse d'impact tracée, y compris les conclusions « pas d'impact à court terme » motivées.
Les preuves les plus solides relient explicitement un signal de veille à une évolution concrète de vos formations. Une simple liste de revues abonnées est tolérée, mais reste fragile si la diffusion interne et l'impact ne sont pas tracés.
Non-conformités
L'indicateur 24 fait partie des indicateurs à pondération graduée : la non-conformité peut être qualifiée mineure ou majeure selon la gravité constatée.
La veille existe mais n'est pas exploitée. C'est le cas de figure le plus fréquent en audit : un dispositif de veille bien réel (abonnements, lectures), mais aucune analyse d'impact, aucune évolution apportée aux prestations, aucune diffusion tracée. Entrent aussi dans cette catégorie une couverture lacunaire du triptyque (veille « emplois » seule, sans « compétences » ni « métiers ») et, pour un nouvel entrant, l'absence de process formalisé d'analyse d'impact dès l'audit initial.
Au-delà du simple caractère partiel, l'absence totale de dispositif de veille sur ces thèmes. Il n'y a rien à présenter.
Criticité en audit
L'enjeu est la chaîne de preuve : l'auditeur suit un signal capté sur les métiers ou les emplois jusqu'à son effet concret sur vos contenus, un lien qui reste le plus souvent oral.
Les écarts les plus fréquents :
- Veille passive : abonnements et lectures accumulés sans analyse d'impact écrite ; une conclusion « pas d'impact » non motivée est lue comme un oubli.
- Veille stockée dans le fichier personnel du dirigeant : elle se perd au premier départ et ne prouve aucun partage interne.
- Triptyque déséquilibré : une veille tournée uniquement vers le recrutement, sans volet compétences ni évolution des métiers.
- Preuves identiques à celles de la veille sur les innovations : distinguez métiers, compétences et emplois d'un côté, innovations pédagogiques de l'autre.
Comment Qualiobee vous aide
Qualiobee vous outille sur le premier temps de l'indicateur (capter et diffuser la veille) via un tableau de veille de type Kanban doté d'une colonne dédiée « Métiers et emplois », spécifiquement rattachée à l'indicateur 24 :
- Centraliser votre veille au bon endroit. Chaque signal devient une carte (contenu rédigé, checklists, pièces jointes, commentaires), rattachée au thème métiers/emplois : fini l'Excel personnel qui se perd au turnover.
- Diffuser en interne sans effort. Le tableau est collaboratif : assignations, fil de commentaires horodatés et référent qualité désigné matérialisent la diffusion des enseignements auprès de votre équipe.
- Alimenter votre dossier d'audit. Vos cartes de veille sont mobilisables comme preuves dans le module de suivi des 32 indicateurs, au moment de préparer l'audit.
Fonctionnalités concernées
Questions fréquentes
Quelle différence entre l'indicateur 23 et l'indicateur 24 ?
Les deux relèvent de la veille et sont souvent audités ensemble, mais leur périmètre est distinct. L'indicateur 23 porte sur la veille légale et réglementaire de votre champ de formation. L'indicateur 24 porte sur la veille sectorielle : l'évolution des compétences, des métiers et des emplois de vos secteurs d'intervention. Un même événement peut nourrir les deux, mais les preuves doivent être différenciées. Ne présentez pas un dossier unique indistinct : l'auditeur attend de voir que vous couvrez bien chaque périmètre.
Je suis nouvel entrant : que dois-je démontrer ?
L'indicateur 24 bénéficie d'une modalité d'audit aménagée pour les nouveaux entrants. À l'audit initial, vous devez démontrer la mise en place de la veille : sources actives et process d'analyse d'impact formalisé : même sans historique d'évolutions déjà réalisées. L'impact effectif sur vos prestations sera audité lors de l'audit de surveillance suivant. Attention : dès l'initial, l'absence totale de dispositif formalisé constitue une non-conformité.
Dois-je vraiment couvrir les trois thèmes (compétences, métiers, emplois) ?
Oui. Le libellé parle du triptyque : « compétences, métiers et emplois » : pas de l'un ou l'autre. Une veille tournée uniquement vers les besoins de recrutement (les emplois, via l'enquête BMO de France Travail par exemple) sans dimension compétences ni métiers est considérée comme une couverture lacunaire, et peut donner lieu à une non-conformité mineure. L'auditeur peut choisir de creuser sur l'un des trois thèmes s'il perçoit un déséquilibre. Structurez donc votre veille de façon à prouver que les trois sont couverts.
Puis-je conclure qu'une tendance n'a « pas d'impact » sur mes formations ?
Oui, le libellé parle d'impact « éventuel » : vous pouvez légitimement conclure « pas d'impact à court terme ». Mais vous devez alors documenter la démarche d'analyse qui vous y conduit, avec un motif écrit (par exemple : « concerne un secteur hors de notre périmètre »). Une décision « pas d'impact » non motivée est assimilée à un oubli par l'auditeur. C'est précisément le sens du mot « éventuel » : l'absence d'impact est admise, l'absence d'analyse ne l'est pas.
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